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Orchestration GPU sur Kubernetes en 2026 : DRA, MIG et Time-Slicing pour le Serving LLM

Orchestration GPU sur Kubernetes en 2026 : DRA, MIG et Time-Slicing pour le Serving LLM

📅 9 septembre 2026
Tech Radar AI Infrastructure Kubernetes & GPU

Sommaire de l'analyse

Dans les architectures d’IA générative en production, le GPU représente à la fois le premier poste de coût d’infrastructure et le principal goulet d’étranglement de scalabilité. Allouer des accélérateurs matériels (NVIDIA H100, L40S, A100) à des ServingRuntimes LLM (vLLM, KServe, TGI) ou à des services auxiliaires (modèles d’embedding, rerankers, pipelines RAG) exige une granularité d’orchestration bien supérieure au modèle historique de réservation statique de nœuds entiers.

Le passage à l’échelle sur Kubernetes et Red Hat OpenShift AI repose sur trois mécanismes d’allocation complémentaires : le Time-Slicing, le Multi-Instance GPU (MIG) et l’adoption de la Dynamic Resource Allocation (DRA) introduite par les récentes versions de Kubernetes.


1. Les limites du Device Plugin NVIDIA classique (1 Pod = 1 GPU)

Historiquement, le k8s-device-plugin exposait les GPUs comme des ressources entières et discrètes (nvidia.com/gpu: 1). Si cette approche est adaptée aux charges d’entraînement lourd distribué (PyTorch, Ray Train), elle devient inefficace pour l’inférence :

  • Sous-utilisation massive de la VRAM : Déployer un modèle d’embedding (0.5 Go de VRAM) ou un reranker sur un GPU de 80 Go immobilise l’accélérateur complet au détriment d’autres charges.
  • Absence d’isolation matérielle : Le partage applicatif non contraint entraîne des contentions de bus mémoire et des dégradations imprévisibles de la latence de premier token (TTFT).
  • Manque de flexibilité topologique : Impossible d’exprimer des contraintes d’affinité NVLink ou de bande passante inter-cartes sans configurations manuelles complexes.

2. Comparatif des stratégies d’allocation GPU

StratégieIsolation Mémoire & CalculCas d’Usage RecommandéAvantagesLimites
Time-SlicingNulle (Partage temporel)Dev, tests, embeddings légers à faible traficZéro configuration matérielle, surallocation élevéeRisque de OOM croisé, pas de QoS garantie
NVIDIA MIGMatérielle stricte (VRAM + SMs)Inférence multi-tenant, cohabitation de ServingRuntimesQoS garantie, isolation totale des pannesProfils fixes (ex: 1g.10gb, 3g.40gb), GPUs haut de gamme uniquement (A100/H100)
DRA (Dynamic Resource Allocation)Dynamique via CDI / Structured ParametersClusters hétérogènes, orchestration LLMOps avancéeDéclaration fine des attributs matériels, découplage du schedulerNécessite un cluster Kubernetes récent (1.30+) et drivers adaptés

3. L’avènement de la Dynamic Resource Allocation (DRA)

La Dynamic Resource Allocation (DRA) et l’interface CDI (Container Device Interface) transforment la manière dont Kubernetes gère les accélérateurs :

  • Paramètres structurés (Structured Parameters) : Au lieu d’une simple quantité entière, le Pod exprime des revendications de ressources (ResourceClaims) basées sur la mémoire requise, les interconnexions NVLink ou la génération de compute.
  • Allocation à la volée : Le scheduler Kubernetes alloue dynamiquement la ressource exacte lors du scheduling sans obliger l’administrateur à reconfigurer statiquement les profils de chaque nœud du cluster.
  • Co-scheduling optimisé : Coordination native entre les allocations GPU, la topologie NUMA et la bande passante réseau pour le parallélisme de tenseurs (Tensor Parallelism) sous vLLM.

4. Mise en œuvre sur Red Hat OpenShift AI (RHOAI)

Au sein de la plateforme Red Hat OpenShift AI, ces capacités d’orchestration sont intégrées de façon industrielle :

  • NVIDIA GPU Operator sous OpenShift : Automatisation du déploiement des drivers, du CDI, de MIG et du monitoring télémétrique DCGM via Prometheus.
  • KNative & KServe Scale-to-Zero : Mise en sommeil des ServingRuntimes inactifs pour libérer instantanément les tranches GPU au profit de charges d’entraînement ou de batchs prioritaires.
  • Orchestration hybride avec Ray / KubeRay : Distribution élastique des tâches de fine-tuning et de serving sur des pools hétérogènes.

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